Créé le 25.05.2007

Présentation

Le cancer. 
La solitude du malade. 
L'amour de la famille 
qui est bien souvent
 la seule compagnie 
et le seul soutient, 
pour la plupart des malades, 
dans ses moments là. 

Ce récit est le brouillon, à l'état brut, 
d'un ouvrage en cours de création. 
Il se peut qu'il y ai des fautes d'orthographes, je vous prie de bien vouloir m'en excuser, 
c'est elle qui corrigeai 
mes écrits.



Pour me contacter:

arsene2@gmail.com 

Ou 
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en fin d'article 

Cancer du pancréas

Les points essentiels de ce Cancer

• Le cancer du pancréas touche plus d'hommes que de femmes. 
Il survient le plus souvent 
après 55 ans.

• Une consommation chronique et excessive d'alcool est sans doute le facteur de risque le plus sérieux. Toutefois, ce cancer peut survenir en l'absence de tout facteur de risque connu.

• Les signes cliniques sont généralement tardifs, dominés par l'altération de l'état général, les douleurs abdominales, éventuellement un ictère (jaunisse).

• Le pronostic dépend de l'étendue de la tumeur, de son type et de la qualité de l'acte opératoire.

• Le traitement repose avant tout sur la chirurgie ; 
une chimiothérapie peut être proposée en complément, de même qu'une radiothérapie, notamment à visée palliative.

• Mais le cancer du pancréas reste de pronostic assez sévère, même s'il y a des progrès avec de nouvelles chimiothérapies.

Merci

à tous les medecins 
qui se sont occupés 
de Gisèle, 
en particulier   
Franck S.
Thomas C.
   Eric V.
   
les personnels de 

l'hopital Caremau de Nimes, 
particulièrement
les infirmières 
les infirmiers. 

Les soignantes 
a domiciles.

La Pharmacie
Michel P.
Marie S.

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Gis-2004.JPG
Le cancer du pancréas
 
Comme il a été vécu par une famille, ma famille
Et la lente mais inexorable fin
d'une femme, une mère, une épouse, mon épouse.
 


J'espère que beaucoup d'entre vous, après avoir lu ce récit, changerons leur regard vis-à-vis de la maladie et leur comportement vis-à-vis des malades.
Prenez  conscience, quand l'issue est fatale, que les malades deviennent une priorité absolue, que eux seuls existent, et quand la mort frappe, que les survivants ont besoin de vous. 
 
 
Elle s'appelai Gisèle, avait 54 ans, c'était une femme merveilleuse, une mère exceptionnelle qui avait donné le jour a trois superbes enfants, qui s'est endormie a jamais a l'aube de nos 38 ans de mariage, en septembre 2005, que nous l'adorions et que nous l'aimerons toujours, a jamais.
 

Chapitre 1
 

Au mois de Juin 2004, avec Gisèle nous sommes partis voir notre fils David disputer la finale du championnat de France de rugby (Fédérale 1b). 
Ce fut pour nous une joie immense et presque indescriptible quand au coup de sifflet final, il fut sacré champion et dans les yeux de Gisèle il y eu une flamme d'un éclat extraordinaire, celui d'une mère fière de son "grand". 
Ce fut, hélas, sa dernière grande joie avant d'apprendre, quelques jours plus tard, qu'une horrible maladie la rongeait inexorablement, le cancer du pancréas.

gisele---son-champion.JPG 

Environ quinze jours après ce grand bonheur, Gisèle était plus fatiguée qu'a l'accoutumé et je m'aperçu que le blanc de ses yeux jaunissait, ainsi que son teint.
Je la décidai a consulter notre médecin traitant, Frank S. un ami a qui je rendrais hommage, pour son dévouement et son attitude, a la fin de ce récit. Ce dernier, après la consultation, décida de nous envoyer en urgence chez un gastro-entérologue, de ma connaissance, pour sans tarder faire une échographie de son abdomen.
Cela fut fait le lendemain matin a la première heure et ce spécialiste me confia qu'il désirai rapidement faire effectuer des examens complémentaires plus poussés. 
Il avait décelé un nodule (tumeur). Il me confia discrètement ses craintes quand a la nature de cette tumeur et il décida de son hospitalisation d'urgence.
Dans l'attente de l'appel de l'hôpital, qui nous préparait une chambre pour le soir même dans le service de gastro-entérologie, nous remontâmes chez nous pour patienter et préparer quelques affaires pour que le séjour de Gisèle soit des plus confortable.
 
Sur la route, Gisèle me demanda que l'on s'arrête dans un fast food, histoire de se sustenter quelque peu, il était 16 heures et nous n'avions rien mangé depuis le matin.
En nous dirigeant vers cet établissement, bras dessus bras dessus comme deux jeunes amants, elle pencha sa tête près de moi et me murmura " j'espère que ce nodule n'est pas cancéreux".
Ces paroles furent pour moi un immense choc "un coup de poing dans la gueule", je réalisais, sans vraiment y croire car, j'ai toujours été d'un tempérament optimiste, de la gravité de sa maladie.
J'ai du prétexter un besoin soudain pour me cacher dans les toilettes de cet établissement et "craquer" a l'abri de tous regards.
Dans toute cette histoire, je me suis toujours caché pour laisser couler mes larmes, c'était ma peine, mon malheur et point n'est besoin de s'exposer dans ces moments.
 
Une fois a la maison, je m'absentais, seul, pour m'acheter des cigarettes (pour moi car Gisèle ne fumait plus depuis plusieurs années) et rencontrer seul a seul, notre médecin traitant. 
Il me confirma que Gisèle était atteinte, probablement, d'un cancer du pancréas et que seul le chirurgien pourrait nous donner l'étendue de la maladie.
J'ai explosé en larmes dans ma voiture et j'ai tout de suite appelé notre fils et nos deux filles pour leur exposer la situation et qu'ils me rejoignent.
Le lendemain, un samedi, après toute une batterie de tests cliniques, il fut décidé que l'opération s'averait urgente et elle fut programmée le lundi suivant.
L'anesthésiste me confia que c'était une intervention très lourde et très longue, environs 7 heures, et voyant que je ne quittais plus Gisèle, me conseilla que le lundi, après qu'elle soit entrée au bloc opératoire, de rentrer me reposer et de revenir 7 heures plus tard, plutôt que de me morfondre près de la salle d'opération.
 
N'y tenant plus, je réintégrais l'hôpital 3 heures avant la fin théorique de cette intervention chirurgicale et qu'elle ne fut pas ma surprise de croiser le chirurgien dans le couloir et l'anesthésiste qui le suivait a quelques mètres.
Ce dernier s'arrêta près de moi, me signala que Gisèle était en salle de réveil et quand je lui fit remarquer ma surprise et ma grande inquiétude de m'apercevoir que l'opération avait durée 3 heures de moins que prévue, il m'expliqua que le chirurgien n'avait pas pu faire le geste qu'il voulait faire, qu'il avait décidé de ne pas lui enlever la tête du pancréas ayant constaté que les deux lobes du foie avaient des métastases, que cela devenait inutile et dangereux.
Il avait simplement effectué un pontage pour que la bile ne s'écoule plus dans son sang, expliquant son jaunissement, et que Gisèle était condamnée a très brève échéance a une issue fatale, que la maladie serait la plus forte.
C'est en me souhaitant bon courage qu'il a pris congé de moi.
 
Quand Gisèle sortie de la salle de réveil, j'étais la et elle me regarda avec un regard tout embrumé et me fit un petit sourire emplie d'amour.
Gisèle était une femme très intelligente, très cultivée, et je ne savais comment me comporter vis a vis d'elle et de sa maladie.
Le chirurgien qui la opéré me reçu, accompagné de mon fils, dans les instants qui suivirent, il nous exposa quelle fut son intervention chirurgicale, nous fit comprendre que la maladie était a un point d'infection très avancé et hélas incurable, que la médecine et l'hopital mettraient tout en oeuvre et qu'ils feraient tous ce qu'il est possible de faire, pour que Gisèle reste le plus longtemps en vie, laps de temps qu'il estimait entre 3 et 6 mois, et dans le plus grand "confort".

Ce chirurgien me prononça une phrase, suite à mon interrogation sur l'attitude a observée vis-à-vis de mon épouse, qui m'aida beaucoup par la suite je cite:
 
 - Ne répondez jamais aux questions qu'elle ne vous pose pas.
 
Il a estimé qu'il était préférable que se soit lui qui annonce a Gisèle la triste nouvelle et l'horrible nom de cette maladie.
Elle était trop intelligente pour la laissée dans le doute, le mensonge aurait été la pire des thérapies.
 
 
 
 

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Chapitre 2

Nous voici a présent installé dans un nouveau monde, celui de la maladie, un monde ou le mot aimer prends tous son sens, un monde ou les visites des "amis" se raréfient au fil des jours, ou le téléphone sonne de moins en moins. Pourquoi la maladie fait elle peur a tant de gens ou est ce que beaucoup ont "autre chose a faire" !!!!!

Qu'importe, je me suis aperçu tout au long de la maladie de Gisèle que le mot famille est en exergue, et la notre est seule et indivisible, merci mes enfants je vous aime, vous êtes et serez toujours aux cotés de votre mère, dans mon cœur.

 Giselea-copie-1.JPG

Commence a présent un traitement lourd, ou les séjours a l'hôpital sont très fréquents et qui, au fil des jours, sont de plus en plus longs. Pour être ensemble, je décide de ne pas utiliser comme transport les VSL dont Gisèle à droit et tous les déplacements à l'hôpital sont effectués avec notre voiture car il m'est inconcevable et insupportable de ne pas être près de mon épouse dans cette épreuve.

Nous faisons connaissance d'un cancérologue, mais surtout d'un médecin gastro-entérologue, que je nommerais uniquement par son prénom, Thomas. Un homme exceptionnel de dévouement, de gentillesse et de compétences, entouré d'infirmières qui forcèrent mon admiration tant elles furent admirables, qui en plus de leur travail médical témoignèrent d'une sincère sympathie envers mon épouse et parfois, après leur travail, elle s'arrêtaient dans sa chambre pour lui tenir compagnie.

Ses soins réguliers, séances de chimiothérapie sans chute de cheveux ce qui est agréable pour une femme, séances de radiothérapie, traitement le plus contraignant et le plus fatigant pour elle. Et puis le problème récurant de se liquide biliaire qui inexorablement se mélange a son sang. Ce dernier point nécessite plusieurs opérations chirurgicales pour poser un drain qui sort de son abdomen et finis dans une poche plastique externe qui faut changer chaque jour. Le drain interne que le chirurgien avait posé lors de sa toute première intervention, son corps très vite l'a rejeté.

Je vais de moins en moins travailler, je passe le plus de temps possible auprès d'elle et au bout de quelques semaines, Gisèle me voyant partir, m'interpelle et me dit:" tu as suffisamment travailler, laisse tout tomber, reste près de moi, je sais que je vais mourir " Je lui répond: "d'accord chérie, j'arrête tout, je reste près de toi mais dis toi bien que nous allons tous mourir un jour, mais le plus tard possible". Je sais qu'elle n'était pas dupe sur la fin de ma réponse, ne serait ce pas moi que je tentais de rassurer ???

Nous possédions une petite entreprise de création et de fabrication de maillots de rugby. Nous en avions énormément "trimer" pour la créer, Gisèle en était un des poumons et la principale actrice de notre réussite grâce a ses doigts de fée et son sens aigu du beau et du bien fait. De nombreux clubs de rugby de France, d'autre pays et même de Russie nous faisaient confiance. Nous étions fier de ce que nous avions creé. 
Nous suivions la "carrière" rugbystique de David, notre fils, et nous étions très fier de voir nos créations sur les terrains ou a la télévision, mais malgré tout, je décide sans regrets, du jour au lendemain, de fermer notre entreprise, pour me consacrer a 200% a Gisèle et de "la vivre" comme jamais je ne l'avais vécu. Si pour beaucoup l'argent est leur principale motivation, ce ne fut jamais notre cas, nous aimions trop la vie pour l'insulter et a chacun ses priorités. Nous faisions notre de cette devise:
Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.

Les mois passèrent, le délai de survie de trois mois que l'on m'avait annoncé après l'opération était largement dépassé, preuves que ces délais supposés sont fonction de beaucoup de critères autre que médicaux et le caractère volontaire de Gisèle, sa force morale, le comportement de son entourage familial, de celui du monde médical sont des facteurs indispensables et primordiaux pour le traitement et le bien être des malades.

Jamais d'ailleurs on ne me reparla de délai et je ne voulais surtout pas que l'on m'en parle. A chaque intervention chirurgicale, Gisèle voulait tout voir, être opérée "en direct" comme elle me disait et elle exigeait des anesthésies locales, malgré les mises en garde des chirurgiens, elle l'obtenait et provoquait une certaine admiration des gens qui officient dans les salles d'opération. Je connaissais bien mon épouse mais elle forçait encore plus mon admiration pour elle. 
Un jour, un anesthésiste lui demanda, pour que la douleur ne soit pas trop forte, de penser à quelque chose qui lui plaise beaucoup. Elle a pensé à Axelle, notre petite fille de 7 ans, et oui elle était grand mère, et tout c'est bien passé.

Elle en arrivait même a plaisanter avec des médecins pendant l'intervention et un anesthésiste lui dit, pour rentrer dans son jeu, pendant l'intervention: 
si je vous invitait a dîner ce soir? mais votre mari ne vas pas être d'accord ? 
Pourquoi pas lui répondis Gisèle, mon mari ne m'a jamais rien refusé.
Mais a cette période de la maladie, Gisèle ne se nourrissait que de soupes, de crèmes et boissons énergétiques  a haute teneur en calories, la nourriture traditionnelle elle ne l'assimilait plus beaucoup. 
Les chirurgiens m'ont expliqués qu'ils avaient de plus en plus de mal à lui pauser ses drains car son corps les rejetaient sans cesse, la faute à de nouvelles métastases qui apparaissaient et dont la chimiothérapie ne pouvait plus enrayer leur évolution.

Les jours passaient, inconsciemment je commençais à croire à une tres longue rémission de la maladie et même parfois, il m'arrivait de penser à une guérison.




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Ses enfants

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Ses petits enfants




Léo & Axelle sont les enfants de Natacha.

Jules, l'enfant de Stéphanie, que Gisèle n'a pas connu.

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Chapitre 3


Je ne peux témoigner que d'une profonde reconnaissance et d'une sincère admiration pour les compétences, le dévouement et l'attitude du personnel,  medecins, infirmières et infirmiers de l' hopital Caremeau de Nîmes, mais je ne peut en dire de même de leurs instances  dirigeantes et administratives et je vous cite un exemple vécu, parmi tant d'autres, qui corrobore mes dires.

Lors de l'une de nos arrivées dans cet l'hôpital, Gisèle ne pouvant plus guère marcher, je me rends a l'accueil demander une chaise roulante. N'ayant plus de chaises a disposition, il n'en possède qu'une dizaine,  je dus me rendre dans le service qui s'occupait de mon épouse pour en trouver une. Ses derniers n'en n'avait plus de disponibles alors j'ai du courir dans d'autres services pour "négocier" le prêt d'une chaise, c'est affligent mais hélas la réalité. 
Je me suis adressé à un des responsables administratif de cet hôpital pour obtenir quelques explications sur cet incompréhensible et inadmissible  disfonctionnement. Il me fut répondu qu'un manque de crédit était à l'origine de cette situation, et je compris avec stupeur que les économies étaient faites au détriment du confort des malades.

Le mot rentabilité est la principale consigne que reçoivent les responsables de nos hôpitaux par ceux qui nous gouvernent, mais comment peut on être aussi irresponsable, cruel et abjecte en faisant entrer ce terme dans le monde de la maladie et de la souffrance!!! 

Mais ces gouvernants ne sont-ils pas au pouvoir grâce a une majorité d'électeurs qui n'ont que comme principale préoccupation  "leur pouvoir d'achat", les valeurs humaines et de solidarité ne sont pour eux que "littérature".

Nîmes possède un grand hôpital récent et moderne. Lors des inondations soudaines de 2005 étant, comme tous les jours, auprès de Gisèle et ne pouvant sortir de l'hôpital, le personnel m'a aménagé un lit dans la chambre de mon épouse et m'a servis un repas près d'elle. Tout le hall d'accueil a été aménagé en dortoir pour toutes les personnes prisent "au piège" des éléments météorologiques déchaînés et qui ne pouvais rejoindre leur domicile. Solidarité et réactivité, on sait ce que ça veut dire chez les hospitaliers.

 hopital.jpg

Mais je m'aperçu, comme toutes les personnes présentes, des lacunes et des malfaçons de la construction, fuites multiples et importantes dans divers plafonds et surtout un grand nombre de salles de chirurgie inondées, ce qui est grave et elles furent fermés une longue période, le temps des réparations.
Le budget de construction de cet hôpital ayant tellement été "compressé", aux dires de certains responsables, ceci explique cela. La aussi, nos gouvernants avaient sûrement d'autres priorités "plus rentables" !!
Je ne vais pas refaire le monde ni tenir un discours digne du "café du commerce", mais prenons gare, notre système de soins et de santé est en danger. Chaque nouveau ministre concerné y va de sa reforme et la plupart du temps au détriment et sans l'avis des malades et du personnel hospitalier !!! 
Notre société n'est elle pas ou plus capable de faire que la maladie soit combattue par tous les moyens possibles ???

Pourquoi nos instances politiques dirigeantes ne mettent  ils pas tout en œuvre et fassent tous ce qu'ils leurs est possible de faire, et même plus, pour que la maladie recule et que les malades soient mieux considérés?


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Chapitre 4  
 
 
Les jours passent et la maladie continue inexorablement son travail de sape.
Nous essayons de vivre, du moins en apparence, presque normalement. 
Nous sortons ensemble faire les achats pour la vie de tous les jours, à pas lents mais debout, Gisèle prenant soin de dissimuler sous sa robe le drain et la poche plastique emplie de ce liquide jaunâtre qu'est la bile. Grande est sa fatigue, elle dort plus que de coutume et passe le plus clair de son temps sur son canapé, quand elle n'est pas a l'hôpital pour la chimiothérapie ou les séances de radiothérapie.
  

 
debut-histoire.JPG 

Le plus détestable et ce qui affecte quelque peu son moral, c'est  le téléphone qui sonne de moins en moins, que les visites s'estompent inexorablement, mais heureusement ses enfants sont omniprésents, la famille l'entoure et n'hésite pas a "avaler" du kilomètre pour être un peu plus près d'elle, venant du Jura ou de Paris.
La douleur devient de plus en plus présente et le seul remède efficace, c'est la morphine. Les séjours a l'hôpital sont de plus en plus fréquents, et comme me disait Gisèle avec son ironie habituelle: c'est ma deuxième maison !!
Un jour, alors que j'effectuais les taches ménagères en l'occurrence je lavais le sol du salon, je la surpris sur son canapé entrain de pleurer et elle me regarda et me dit, avec une énorme tristesse dans la voix:
- je ne peux plus rien faire, tu dois t'occuper de tout !!
Je lui répondis:
- Mais chérie, quand c'est moi qui fut malade tu m'as soigné, tu as tout fait également et sûrement plus que moi, alors ne soit pas triste, et ne pense qu'a une chose, te reposer, te soigner, je t'aime tant.
Un peu plus d'un an auparavant, j'ai été victime d'un AVC qui me laissa plus de huit mois inactif et j'ai souvent du remord de m'en être sortis, pourquoi pas elle? Pendant cette longue période d'inactivité forcée, Gisèle a été extraordinaire (le mot est faible) elle s'est occupé de tout, de moi, de notre entreprise, sans jamais faillir, sans jamais se plaindre et avec cette vigueur qui la caractérisai.
Gisèle dort de plus en plus et mange de moins en moins, avec l'accord de son médecin, je suis obligé d'augmenter les doses de morphine et fin août 2005, la douleur elle aussi progresse mais je dois la deviner car jamais elle n'en parle et ne se plaint, dans son soucis de préserver sa famille.
Fin août, Gisèle m'appelle et tel un enfant qui constate une bêtise me dit:
chérie, regarde, elle me montre son drain dans ses mains et son abdomen qui saignait, mon tuyau il s'est enlevé tout seul.
Alors, retour d'urgence a l'hôpital pour une nouvelle opération dans le but d'essayer de repositionner un nouveau drain, opération de plus en plus délicate dans son execution. Le chirurgien me concède qu'il a de plus en plus de mal a effectuer ce geste chirurgical  et Thomas C. m'indique que ce praticien doit faire des prouesses médicales.
Comme à l'accoutumer, Gisèle demande une anesthésie locale, son courage devient légendaire. 
Début septembre, lorsque je la sors de l'hôpital en permission pour le week end, je compris que ce serait son dernier séjour. Elle était amaigrie et son corps n'accepte plus aucune nourriture. Son médecin me communique que le dernier scanner "c'est une catastrophe". La maladie a progressée et ne pourra plus guère progresser car elle est à son apogée. Quand ses infirmières me disent " a dimanche soir", je regarde discrètement le médecin et il compris très vite que je ne la ramènerai plus. Je lui avait expliqué que Gisèle aurait son dernier soupir dans sa maison, près de moi, et je venais de comprendre que se moment était tout proche. Cela faisait 15 mois que nous luttions pour elle, avec elle,15 mois qu'elle se battait contre un adversaire qui ne connaît que rarement la défaite et elle avait le droit de s'endormir près de ceux qu'elle aimait.   


 

Un jour, elle me demande de lui faire un de ses plats favoris, des gambasses au pastis. Elle me dit comment les préparer car je ne suis qu'un piètre cuisinier, et pendant que je lui concocte, elle me regarde avec un sourire ironique devant ma maladresse et le soin que j'apporte a suivre ses consignes à la lettre, mais surtout avec un regard d'une infinie tendresse que peu d'amants ne peuvent connaître, mais mêlé également d'une grande tristesse.
Elle déguste ce repas en se grisant de l'odeur si agréable des gambasses grillées, et subitement je dois la porter jusqu'a la salle de bain pour qu'elle vomisse. Elle le savait pertinemment mais elle voulue s'offrir un dernier plaisir gustatif. Elle était un tel "cordon bleu", sa cuisine m'enchantait et me surprenait chaque jour et nous nous étions tellement "régalés" dans les grands restaurants que sont Troisgros, Bocuse, La diligence, Alexandre, la table et la bonne chaire était un de nos grands plaisirs.

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Le-chignon-copie-2.JPG 


Une nuit de septembre 2005, tu as lâchée ma main, ta poitrine ne bougeait plus, ton cœur a cessé de battre.
J'ai compris que tu ne te réveillerais plus, plus jamais, mais depuis tous ce temps je ne l'ai toujours pas accepté et je crois que je ne l'accepterais jamais.
Gisèle me voila à présent seul, tel un arbre en hivers sans ses feuilles, comme le sable du désert qui ne reçoit jamais la pluie.
A présent mon cœur tu bats on ne sait pourquoi, on ne sait pour qui, et quand mes yeux ne sont que par trop humides c'est sur une dalle de béton qui te recouvre que j'épanche mon mal être, près de ces roses qui n'ont plus de parfum, car qui mieux que toi les parfumaient, ce vent qui me glace car ton corps n'est plus la pour me faire comprendre que la braise n'est pas que dans le foyer d'une cheminée, ce soleil que je ne voie plus car tes yeux ne sont plus la pour le refléter.
Tel un fou, je parle aux rideaux, aux plantes, au canapé, tous ils se souviennent de toi. Le ciel, j'ai beau y planter mon regard, le scruter dans son infinie profondeur, il ne m'inspire pas, l'illusion n'est pas mienne, je ne t' aperçois pas, je ne t'entends pas.
Mon cœur saigne a présent, mais c'est ton refuge, c'est la que tu sommeilles a jamais.
La nuit, tu reviens sans cesse, tu me souris, tu m'appelles, je t'entends, je te vois, mais ne puis te toucher, te caresser, t'embrasser.
Comme j'aimerais ne pas me réveiller et  rester près de toi. 

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Chapitre 5




La nuit, je ne dort pratiquement plus, allonger près d'elle je l'écoute respirer, je caresse et j'embrasse son corps meurtri mais a la peau toujours aussi douce, plus douce que le plus précieux des satins, ce corps qui a porté nos trois enfants si beaux, si forts, si aimants, ce corps qui ne m'a jamais laissé sage.
D'ailleurs, depuis que tu n'es plus la, il y a toujours un oreiller dans notre lit, car toi seule dormait avec et dans mes moments de profonde détresse, je le regarde et je me dit qu'il sera la si jamais tu revenais. Le chagrin rend fou, mais je crois que c'est avec ma folie que je peux te vivre toujours. Aragon n'écrivait il pas "aimer a perdre la raison". 

 
naitre-sein-copie-1.jpg 


 Un dimanche comme elle n'a plus la force de m'accompagner, elle refuse que je me prive, à cause  d'elle d'un de nos grand plaisir, voir jouer notre fils et elle m'implore d'aller au stade de rugby, . 
Je l'appelle toutes les dix minutes pour l'informer, mais surtout pour m'enquérir que tout va bien, je n'aime pas la laisser seule. A la fin du match sur le chemin du retour, je l'appelle pour lui dire que notre fils a été très bon elle me répond, étonnée de mes propos: "pourquoi tu me dit cela je sais bien qu'il est bon mon fils". Elle est tellement fière et admirative de David, son fils.
Avant qu'elle ne tombe malade c'était une de nos grandes joies que de le voir jouer, d'organiser nos dimanches autour de cet évènement. D'ailleurs, lors d'un match, un ¼ de finale de championnat de France, il fit un exploit, un drop goal de 50 mètres (les puristes comprendrons) a la dernière minute du match qui fait se lever le public et qui permet a son équipe de gagner in extremis. Après avoir marqué il tend un poing rageur vers nous, à sa mère, comme si il lui offre ce match, elle est fière et émue et ses yeux brillent de mille feux.
Excusez moi si parfois, quand j'évoque tous  ses souvenirs, je mele le passé et le présent, mais je la vis tellement que souvent je n'arrive pas à faire la part des choses, j'ai l'impression qu'elle me regarde, qu'elle est a coté de moi., coucou chérie, je t'aime.
 
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Plus de 14 mois se sont passés, Gisèle passe du lit au canapé puis au lit, elle parle très peu et les quelques paroles qu'elle bredouille deviennent parfois inintelligibles, elle ne mange plus car elle ne peut plus. Elle s'affaiblit et je me sent totalement impuissant, la médecine également. Elle dort de plus en plus et je dois encore augmenter les doses de morphine. Quand je lui change cette poche en plastic, ce n'est plus de la bile mais un liquide plus épais et verdâtre. Je la porte plus que ne la soutien, je lui fait sa toilette, et la couche comme nous couchions nos enfants. Je ne pleure pas, je n'ai plus de larmes et je sais que cela lui ferai tellement de peine de me voir désespérer.
Certain m'ont dit que j'étais fort, ils se trompent, mon amour pour elle me dictait mon attitude, et puis pour "craquer", je me cachai en dehors de notre maison, ma peine ne regardais que moi et j'ai horreur de me donner en spectacle.
Le médecin passe la voir tous les matins lui dire bonjour, plus par amitié que part besoin médical. Quand plus tard je l'ai remercié pour tous ce qu'il a fait pour elle, il m'a répondu: "Gisèle était tellement attachante". Merci Franck, je vous en serais éternellement reconnaissant. Il décide de la mettre sous perfusion car elle se déshydrate. Il me fait signe de le suivre à l'extérieur pour m'annoncer discrètement que la fin est très proche. 
Sa maman, une de ces sœurs et nos enfants se sont installés à la maison pour rester jusqu'à la fin près d'elle.
 

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Chapitre 6

Je suis un de ces enfants d'après guerre, qui avait trouvé le moyen de fuir une ambiance familiale faites de disputes et de violences et de trouver les réponses à mes angoisses dans la rue. Mais bien souvent la loi de la rue n'est pas en adéquation avec celle du législateur.
Un matin de janvier 1967, je n'ai que 18 ans et quelques mois, il fait froid a Lyon, une grande porte d'acier s'ouvre et je retrouve la liberté après avoir purger une longue, une très longue peine d'emprisonnement pour "payer" ma dette envers la société comme disent les gens, soi disant, bien pensant (rassurez vous, je n'ai ni tué ni violé).
Je partis, dans un village du Jura, retrouver ma mère, mon frère et ma sœur, qui avaient fuit Lyon, pendant mon incarcération, pour échapper à mon père, car mon grand frère, décédé pendant ma detention dans un accident de la route, ne pouvait plus les protéger.
Six mois après, alors que mes vieux démons, qui m'auraient probablement ramenés en prison, me faisaient les yeux doux, mon existence fut bouleversée, j'ai rencontré Gisèle, une jeune fille qui, du haut de ses 16 ans ½ , m'a illuminé, m'a envoûté, et je peux vous dire que "le coup de foudre", ça existe. 
Ce jour la, j'ai compris qu'une nouvelle vie m'attendait, que mon destin était en marche, que Gisèle serait mon seul horizon et ma raison d'être.. J'ai toujours aimé les poètes et la poésie et je compris pourquoi L.Aragon a écrit: "
la femme est l'avenir de l'homme " 
Quand, quelques jours apres notre rencontre, je lui dit que mon plus grand désir était qu'elle me donne un enfant rapidement, la mort récente de mon grand frere  y etait pour beaucoup, elle me répondit instinctivement: moi aussi je veux un enfant de toi.

 

tole.JPG 

Certain seront peut etre choqués par de telles révélations a mon sujet, peut m'importe, mais Gisèle m'a prit tel que j'étais, je ne lui ai jamais rien caché, et elle a fait l'homme que je suis.

Un peu plus d'un an après notre rencontre je fus interpellé par la police, a la frontière belge, car soupconné de certains délits. Mon passé ne plaidant pas en ma faveur, apres la garde a vue, je fus présenté a un juge d'instruction qui décida, a contre coeur, de me relacher et de me disculper car j'étais étranger a ces méfaits. 
Il dit a Gisèle, d'un air médisant: 
savez vous qui est votre mari? connaissez vous son passé ? 
Et Gisèle lui répondit avec un sourire narquois:
Bien sur,
mais pour moi son passé c'est de l'histoire ancienne et son avenir c'est moi et sa fille, alors, de grace, oublié le !

Et c'est cette femme merveilleuse que la maladie m'a enlevé!! Je suis a present orphelin de la vie, mais Gisele, tu es et tu seras toujours présente dans mon coeur, dans mon esprit, et si  je suis, depuis, insommiaque c'est que le noir me permet de mieux te retrouver, la nuit est notre complice.
 

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Chapitre 7

Un matin je me réveille près d'elle, elle ne m'entends pas quand je l'appelle, elle ne réagit pas aux baisers sur sa joue, sa respiration est lente et son souffle est bruyant, ses bras retombent telle une masse quand je les soulèves je comprend, avec stupeur, qu'elle est dans un profond coma.

C'est insupportable de la voir ainsi, son visage ne reflète plus aucune expression, je pose ma tête délicatement sur son épaule, je prends sa main et pour la première fois je pleure auprès d'elle et l'implore de ne pas me quitter, de ne pas me laisser seul.
Son cœur, si fort, si grand, bat lentement, refuse d'abdiquer et semble me dire: elle ne souffre plus, elle te dit adieu……

Je ne peux mais je vais devoir accepter la défaite, abdiquer devant cet adversaire qu'elle a et que nous avons combattu avec tant de vigueur pendant 15 mois.
La lutte était par trop inégale et fasse qu'un jour ce soit l'homme qui sorte vainqueur de ce terrible combat, qu'il puisse enfin vaincre la maladie.

Deux jours passent et le 23 septembre, a 3 heures du matin, je me réveille près d'elle en sursaut, comme répondant a un appel, sa poitrine bouge de plus en plus lentement et soudain je recueille son dernier souffle, c'est finis, Gisèle s'est endormie a jamais, contre moi, sa main dans ma main.
 Les moments qui suivirent sont inénarrables, tout est flou, tout est fou, je crois que je ne réalise pas 

38 ans d'amour viennent de s'achever et je vais découvrir que l'enfer, c'est pour celui qui reste.




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Chapitre 8
 

Gisèle s'est endormie pour toujours dans son lit, près de moi, son visage semblai enfin apaisé.
Avec sa maman et mes enfants, avec des vêtements que lui avait offert ses filles, nous l'avons habillé chaudement car, cela peut paraître idiot mais j'avais peur qu'elle est froid, .
Dans son cercueil, je lui ai posé la tête sur son oreiller qu'elle aimait tant, je l'ai parée avec cette petite couverture de laine polaire qu'elle s'était fabriquée et dont elle se couvrait sur son canapé.
Et puis, j'ai du me résoudre a ce que ce cercueil soit clos, plus jamais je n'embrasserais et ne reverrais ce visage que j'ai tant aimé.
D'ailleurs ma chérie, te souviens tu de ce poème, " Le dormeur du val" d'A. Rimbaud, que je t'avais récité, quand nous nous sommes connu, accompagné de quelques accords que je te jouais sur ma guitare?  
Parfois je te le récite de nouveau, sans guitare, sur ta tombe, car tout me revient sans cesse et ce soldat, c'est un peu toi a présent.
 
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent, où le soleil, de la montagne fière,
Luit, c'est un petit val qui mousse de rayons.
 
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort, il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
 
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce le chaudement, il a froid.
 
Les parfums ne font pas frissonner sa narine,
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
 
Un jour d'hiver, notre petite fille qui parfois m'accompagne au cimetière pour lui réciter des poèmes et  coller sur sa plaque de marbre de petits autocollants d'enfants, me dit:
 - mémé n'a pas froid puisque tu lui as mit sa couverture.
Souvent, dans ces moments la, elle me cite des souvenirs et je constate que sa grand mère est bien au chaud dans son cœur d'enfant.
  

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A présent, beaucoup de gens me disent que la vie continue,  qu'il me faut m'adapter a cette nouvelle situation mais a tous ceux la je leur répondrai simplement que cela m'est impossible, que j'essaye plutôt de survivre, pas pour moi mais pour mes enfants et mes petits enfants. De voir le bonheur dans leurs yeux est mon seul réconfort, car pour moi ce mot n'existe plus.

Des idées noires se bousculent toujours dans mon esprit, je suis seul avec ma peine et c'est très bien ainsi même près de deux ans après. Ce n'est pas la solitude le plus difficile a vivre, mais c'est d'être seul.
Je ne veux déranger personne, un homme triste est un homme ennuyeux, qu'il se débrouille, depuis quand doit on tendre la main!

Mon existence, a présent, c'est de me lever le matin et d'attendre tant bien que mal qu'il soit l'heure de se coucher, de me nourrir et non de manger, de regarder le téléphone en espérant, sans trop y croire, qu'il va sonner, de ne plus m'inquiéter du temps qu'il fait, de déverrouiller ma porte d'entrée car, sait on jamais, si quelqu'un voulait entrer même simplement pour me dire bonjour.
 
Il faut être à l’écoute des endeuillés, leur donner la possibilité qu’avec le temps et l’amour de leurs proches, ils puissent trouver les ressources pour ne pas se meurtrir en s’abandonnant à un chagrin qui détruirait leur projet d’existence, pensez à cela. 

Nous avons tous un passé, un présent, un avenir mais quand le premier supplante le dernier, alors ce passé vous sert de présent, il vous aide a affronter cet avenir qui essaye de s'imposer et surtout fait que j' accepte que mon existence soit à présent un fardeau, un long chemin de croix. 

Je n'ai pas su te soigner, ma Gisèle, tu méritais tant de vivre alors
  ne tarde pas trop, vient vite me chercher, la vie sans toi ce n'est pas possible.  



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Chapitre 9

   composée par Michelle (mimi) que tu appréçiais beaucoup
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Comme tous les couples, nous avons connu des joies et des peines. Nous avons toujours respecté la personnalité de l'autre, nous avons su résoudre tous les problèmes inhérents à la vie en couple, même les plus graves, en les affrontant, sans détour, nous savions que le bonheur était à ce prix et que l'intelligence, dans un couple, c'était primordial.
 
A présent, je m'aperçois qu'au milieu des si nombreux souvenirs de joie qui hantent mon esprit quand je pense à toi, à nous, j'ai, bien sur, quelques regrets qui surgissent furtivement mais heureusement pas de remords, sauf celui bien présent d'être toujours en vie.

Huit mois après que tu sois parti, j'ai refait un AVC. A l'hôpital, ils me surveillaient comme le lait sur le feu car ma tension faisait du yoyo et ils avaient peur que mon cœur ne s'arrête. Ils furent surpris que je ne m'inquiète pas de mon état, ce qu'ils ignoraient c'est que, secrètement, j'espérais que mon coeur s'arrête. Mais hélas je m'en suis encore sortis.
La vie, elle s'accroche a moi je ne sais pourquoi car moi je ne m'accroche pas à elle!
Après quelques jours, je me suis sauvé de cet hôpital, car tu étais partout, nous avions tellement fréquenté cet établissement, c'était insupportable. Je regardais sans cesse la porte de ma chambre, pensant que tu allais entrer.

J'ai sombré, depuis que tu es parti, dans un monde ou ma seule maîtresse est la solitude et mes seuls amis et compagnons de table sont mes souvenirs.
Il faut dire que les gens m'ont bien aidés, le vide qui se faisait autour de ta maladie, il s'est amplifier autour du survivant que je suis, et si je n'avais mes enfants, on pourrait un jour me trouver sans vie dans mon logement, sûrement bien des jours après que la vie m'est enfin quittée, par hasard parce que je n'aurait pas acquitté mon loyer ou ma consommation d'électricité.
Je vis, retirer du monde, en vase clos, je reste plusieurs jours sans "mettre le nez dehors", ça ne gène personne et j'accepte cela car je ne supporte plus grand monde, mon univers c'est uniquement tes enfants, nos enfants. J'existe encore car ils veulent que j'existe.
Quelques fois, je sors de "ma cage", boire un café dans un bar, avec ta grande fille, ma promenade c'est d'aller m'asseoir sur ta tombe, fumer une cigarette et te parler.
Dans mes grands moments de détresse, j'ai même dormis sur ta tombe tu me manques tant.
Je ne supporte plus la foule, le bruit m'exaspère, le silence et la nuit sont mes alliés a présent, serais ce l'antichambre du néant ?

J'ai envie de partir de ce sud de la France qui nous a accueilli et revenir près de Genève, région ou nous avons passé près de trente ans de notre vie, ou nous avons été si heureux, ou nous avons "grandis". Mais cela est impossible, car toi tu ne peux me suivre et jamais, au grand jamais je ne t'abandonnerais.
 
La première maison que nous avions acquise, près du lac Léman était superbe. Un jour que nous regardions notre première fille, Natacha, qui avait a cette époque six ans, nous nous sommes aperçu avec stupéfaction que nous sacrifions une vraie vie de famille, que nous tombions dans ce travers, de beaucoup de quidam, être absolument  propriétaire et que nous allions passer à coté de tant de choses.
Avant de devenir "cons", nous décidâmes immédiatement de tout vendre et de donner a Natacha une petite sœur ou un petit frère et Stéphanie est arrivée. Un enfant ce n'est pas fait pour être seul, nous ne pouvions, par égoïsme, lui refuser cela et nous le refuser.
Les enfants ne sont pas le fruit de la richesse économique d'un couple mais ils sont issus de la richesse de leurs cœurs.
Quelques années plus tard, tu as été si contente de me donner un fils, notre fils David.
 
Ce que nos enfants ont vite compris c'est que nous vivions pour eux mais qu'ils ne pouvaient nous empêcher de vivre. Ce principe d'éducation, ils nous en remercient car leur enfance est riche de bons souvenirs, ils sont parfaitement autonomes et ils nous ont permis de profiter de tout, d'eux et de tous les plaisirs de la vie pour un couple amoureux.
Nos enfants, nous les avons langés, consolés, protégés, amusés, promenés, écoutés et nous avons également, tous les deux, jouis à fond de la vie sans retenue, le raisonnable n'était pas notre fait, et .................................nous avons fait l'amour a Venise, ce dont beaucoup se prive pour une maison et sa cloture !!!
 
Apres la naissance de David, tu as voulue une nouvelle maison, je te l'ai faite construire dans cette Haute Savoie si belle et qui nous a tant donnée.
Mais nous nous aperçûmes que cette région ne  pouvais plus rien nous apprendre, tu avais tellement envie de voir autre chose, de remplacer la neige par du soleil, les torrents par la mer ………
 

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Ma Gisèle,
 
Même si je dois attendre
Un an, dix ans, cent ans pour te rejoindre
Tu es toujours moi
Je suis toujours toi.
Jamais tu ne m'as quitté
Jamais je ne te quitterais.
Trente huit ans
De vie au soleil
Avec toi.
A présent le noir
La survie
Sans toi. 
Pour nos enfants, nos petits enfants
Je n'ai pas le droit
D'actionner l'interrupteur.
Mais je viendrais
Dormir près de toi
Que tu n'es pas froid
A jamais.
 
A bientôt
Je t'aime
 
Ton Philippe

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Chapitre 10

Gisèle, cette après midi de fin juillet 2007, tes enfants, nos merveilleux enfants, m'ont fait un immense bonheur. Je ne suis plus seul en ma maison, un petit cœur bat près de moi, César, un petit  chien (boxer) qu'ils m'ont offert.

Similitude du destin, notre grande fille Natacha en a été le maître d'œuvre. Notre premier chien, c'est à cause d'elle que nous l'avions eu, alors que son age se comptait sur les doigts d'une main et c'est elle qui a posé dans mes bras cette petite boule de vie.

Le roi n'est pas mon cousin, quand je me lève le matin, que je pénètre au salon, cette petite boule de poils m'accueille avec bonheur, et enfin je dis bonjour en me réveillant. Beaucoup ne peuvent s'imaginer ce que cela représente, c'est con mais c'est si fort. 

Promis Gisèle, a la fin de la journée, quand le soleil se fait moins brûlant, je viens te le présenter et lui expliquer a qui je parle souvent et qu'il ne voit pas. Il faudra bien qu'il s'installe dans ma folie, cette folie qui ne me quittera jamais, comme jamais ne me quittera l'amour que j'ai pour toi.

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Je voudrais remercier chaleureusement Patrick V., le propriétaire du géniteur de César. Je crois savoir qu'il a, comme l'on dit a notre époque, assuré pour ce chiot et le remercier, aussi, pour une phrase qu'il m'a dit, quand Gisèle était encore de ce monde, phrase que je ne citerais pas mais qui m'a prouvé si besoin était, de sa gentillesse, de sa grande humanité et sa sincère affection. 


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Chapitre 11



Une partie de moi est parti avec Gisèle et cela, jamais ne reviendra. J'ai beaucoup de mal à survivre à faire face, je reste solitaire, je m'isole du monde des vivants et si je n'avais mes enfants, je ne sais ce que je serai devenu, enfin si ……… je sais.
Depuis bientôt deux ans je suis dans ma bulle, Gisèle y est présente, je pense que j'ai basculé dans une certaine folie et je suis bien car c'est ma réalité a moi. Je peux pleurer quand j'en ai envie, lui parlé quand je veux, sans déranger quiconque. Tous ce que je fais ou j'entreprends est toujours référence a elle.
Je ne sais pas cuisiner, exactement je n'en ai pas envie, et quand je galère devant ma gazinière, je détourne la tête de ma casserole, regarde ce canapé ou Gisèle a passé tant de temps quand son corps était si fatigué, elle est toujours la et je lui dit: 
arrête de rigoler, je m'en voit comme c'est pas possible et c'est tellement quelconque ce que je cuisine. Guérie vite, c'est si bon ce que tu nous concoctes pour nos repas
Je lui parles toujours au présent, c'est bien qu'elle est encore la, mais que c'est triste de manger seul, tous les jours, devant une chaise vide …..
Quand mon petit chien, mon seul ami, fait une bêtise, un petit pipi au salon, je lui dis: 
si Gisèle était réveillée elle le gronderai.
Pourquoi ce chien est mon seul ami ? Dans ma situation, j'ai envie de parler de mon bonheur passé, de Gisèle, encore et encore, et il m'écoute en silence, ne prononce pas ses formules toutes faites de soi disant réconfort, que beaucoup de gens prononce sûrement avec sincérité, mais qui m'agace et m'emm…… César m'écoute, me regarde et de temps a autres dodeline sa petite tête, comme si il comprenait que je suis immensément malheureux.
 
 
J'ai appris, à mes dépends, que le terme "amis", beaucoup de gens le prononce fréquemment mais en ignore complètement le sens. Ils doivent être frileux des mains (et surtout du cœur), car leurs mains elles sont dans leurs poches, au chaud, et c'est sûrement pour cette raison que jamais ils ne vous la tende. Des "tu passes quand tu veux", ça vous l'entendez souvent, très souvent, c'est l'expression qu'ils emploient le plus volontiers pour s'affranchir en feignant d'ignorer qu'il m'est très dur de me déplacer depuis ma deuxième attaque cérébrale, et que surtout, inconsciemment mais inexorablement, comme tous les gens qui souffrent du départ de la personne aimée vous vous isolé.
Je ne blâme personne, à chacun ses valeurs de vie, mais heureusement, il est quelques rares personnes dont l'amitié est précieuse et réelle.

Certain croient en un dieu, donne a leur enfant une éducation religieuse ou la bonté et l'aide a son prochain sont les fondements de base de leur croyance que leur enseigne leur maître spirituel, mais ils bafouent ses principes avec allégresse.
Je suis athée, comme l'était Gisèle, je croie en l'homme et je tendrais toujours la main même si, à présent elle est bien faible, a ceux qui en ont besoin et sans attendre que cela soit payé de retour, donner est plus jouissif que recevoir et mon unique dieu, c'est l'amour.
 
Qu'importe, je suis dans mon monde avec mon unique compagne, la solitude.

Je pense beaucoup a mes, à nos enfants, et je culpabilise par le fait que je n'ai pas su garder leur mère en vie, ce dont je ne me pardonnerais jamais, quoiqu'ils disent, quoiqu'ils fassent.
Je sais qu'ils m'aiment beaucoup et que j'ai la lourde tache et le devoir d'être deux, pour eux et leurs enfants.  

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Chapitre 12

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Gisèle, tu me manques de plus en plus, ce soir un épais brouillard a envahie ma maison. Je suis fatigué, las d'attendre la fin de cette sinistre comédie que je joue.
Je m'amuse avec mon petit chien et des qu'il s'endort, a nouveau je cherche ta main et la tristesse fait son œuvre et je n'en peux plus de pleurer presque chaque soir.

Tu sais, quand je suis venu te présenter César, il s'est couché sur ta tombe et la léchée, j'ai trouvé cela troublant et émouvant  et a chacune de mes visites pres de toi, il m'accompagne et je pense qu'il se doute que je suis vers ma vraie maison.

Je regarde la photo de ce petit Jules, que notre cadette a enfantée, ses yeux bleus qui sont les tiens me regardent et me font comprendre que, même si il ne t'a jamais connu, tu es présente en lui et en nous tous.

Bientôt deux ans que tu es partie et j'espère toujours que c'est un mauvais rêve, un horrible cauchemar, et que je vais me réveiller, près de toi.
J'accepte difficilement ma solitude personne, hormis nos enfants, ne m'apporte une once de joie. Mais, nos momes, ils ont leur vie et ils ne peuvent être toujours à mes cotés.
Oh, ne t'inquiète pas, Natacha, je la vois presque tous les jours, Stéphanie me téléphone très souvent et des qu'elle le peut elle saute dans un TGV, avec son petit Jules, et elle viens passer quelques jours près de moi, David m'appelle presque tous les jours, il revient jouer au rugby a Uzès pour que l'on se voit plus souvent.  
Axelle et Léo, nos petits enfants, il l'aime leur pépé, Léo vient souvent me voir a la sortie du collège, il me dit fréquemment qu'il ne veut pas laisser son grand père seul, Axelle viens souvent passer son mercredi avec moi, elle est de plus en plus belle et toujours aussi chipie, et ses menus préfères c'est steak haché sauce roquefort et frites ou spaghetti a la carbonara,  je ne sais faire que ça.
 

Nos enfants, petits enfants, ont tellement besoin de pouvoir s'appuyer sur un arbre solide, qui leur parle avec son cœur de père et de grand père.
Mais je sature, jouer les faux semblants j'y arrive de moins en moins, le matin je suis triste de me réveiller, car je suis encore la.

Pourquoi es tu partie seule? 
Nous étions si bien ensemble! 
Pourquoi la maladie ne m'a pas frappée moi aussi?
Rien ni personne n'avait le droit de nous séparer, tous cela n'à aucun sens, viens me chercher, je t'en prie.