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Les points essentiels

• Le cancer du pancréas touche plus d'hommes que de femmes. Il survient le plus souvent après 55 ans.

• Une consommation chronique et excessive d'alcool est sans doute le facteur de risque le plus sérieux. Toutefois, ce cancer peut survenir en l'absence de tout facteur de risque connu.

• Les signes cliniques sont généralement tardifs, dominés par l'altération de l'état général, les douleurs abdominales, éventuellement un ictère (jaunisse).

• Le pronostic dépend de l'étendue de la tumeur, de son type et de la qualité de l'acte opératoire.

• Le traitement repose avant tout sur la chirurgie ; une chimiothérapie peut être proposée en complément, de même qu'une radiothérapie, notamment à visée palliative.

• Mais le cancer du pancréas reste de pronostic assez sévère, même s'il y a des progrès avec de nouvelles chimiothérapies.

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Mardi 5 juin 2007

ajouter un commentaire par Ph.T
Chapitre 3


Je ne peux témoigner que d'une profonde reconnaissance et d'une sincère admiration pour les compétences, le dévouement et l'attitude du personnel,  medecins, infirmières et infirmiers de l' hopital Caremeau de Nîmes, mais je ne peut en dire de même de leurs instances  dirigeantes et administratives et je vous cite un exemple vécu, parmi tant d'autres, qui corrobore mes dires.

Lors de l'une de nos arrivées dans cet l'hôpital, Gisèle ne pouvant plus guère marcher, je me rends a l'accueil demander une chaise roulante. N'ayant plus de chaises a disposition, il n'en possède qu'une dizaine,  je dus me rendre dans le service qui s'occupait de mon épouse pour en trouver une. Ses derniers n'en n'avait plus de disponibles alors j'ai du courir dans d'autres services pour "négocier" le prêt d'une chaise, c'est affligent mais hélas la réalité. 
Je me suis adressé à un des responsables administratif de cet hôpital pour obtenir quelques explications sur cet incompréhensible et inadmissible  disfonctionnement. Il me fut répondu qu'un manque de crédit était à l'origine de cette situation, et je compris avec stupeur que les économies étaient faites au détriment du confort des malades.

Le mot rentabilité est la principale consigne que reçoivent les responsables de nos hôpitaux par ceux qui nous gouvernent, mais comment peut on être aussi irresponsable, cruel et abjecte en faisant entrer ce terme dans le monde de la maladie et de la souffrance!!! 

Mais ces gouvernants ne sont-ils pas au pouvoir grâce a une majorité d'électeurs qui n'ont que comme principale préoccupation  "leur pouvoir d'achat", les valeurs humaines et de solidarité ne sont pour eux que "littérature".

Nîmes possède un grand hôpital récent et moderne. Lors des inondations soudaines de 2005 étant, comme tous les jours, auprès de Gisèle et ne pouvant sortir de l'hôpital, le personnel m'a aménagé un lit dans la chambre de mon épouse et m'a servis un repas près d'elle. Tout le hall d'accueil a été aménagé en dortoir pour toutes les personnes prisent "au piège" des éléments météorologiques déchaînés et qui ne pouvais rejoindre leur domicile. Solidarité et réactivité, on sait ce que ça veut dire chez les hospitaliers.

 hopital.jpg

Mais je m'aperçu, comme toutes les personnes présentes, des lacunes et des malfaçons de la construction, fuites multiples et importantes dans divers plafonds et surtout un grand nombre de salles de chirurgie inondées, ce qui est grave et elles furent fermés une longue période, le temps des réparations.
Le budget de construction de cet hôpital ayant tellement été "compressé", aux dires de certains responsables, ceci explique cela. La aussi, nos gouvernants avaient sûrement d'autres priorités "plus rentables" !!
Je ne vais pas refaire le monde ni tenir un discours digne du "café du commerce", mais prenons gare, notre système de soins et de santé est en danger. Chaque nouveau ministre concerné y va de sa reforme et la plupart du temps au détriment et sans l'avis des malades et du personnel hospitalier !!! 
Notre société n'est elle pas ou plus capable de faire que la maladie soit combattue par tous les moyens possibles ???

Pourquoi nos instances politiques dirigeantes ne mettent  ils pas tout en œuvre et fassent tous ce qu'ils leurs est possible de faire, et même plus, pour que la maladie recule et que les malades soient mieux considérés?

Mardi 12 juin 2007

ajouter un commentaire par Ph.T
Chapitre 4  
 
 
Les jours passent et la maladie continue inexorablement son travail de sape.
Nous essayons de vivre, du moins en apparence, presque normalement. 
Nous sortons ensemble faire les achats pour la vie de tous les jours, à pas lents mais debout, Gisèle prenant soin de dissimuler sous sa robe le drain et la poche plastique emplie de ce liquide jaunâtre qu'est la bile. Grande est sa fatigue, elle dort plus que de coutume et passe le plus clair de son temps sur son canapé, quand elle n'est pas a l'hôpital pour la chimiothérapie ou les séances de radiothérapie.
  

 
debut-histoire.JPG 

Le plus détestable et ce qui affecte quelque peu son moral, c'est  le téléphone qui sonne de moins en moins, que les visites s'estompent inexorablement, mais heureusement ses enfants sont omniprésents, la famille l'entoure et n'hésite pas a "avaler" du kilomètre pour être un peu plus près d'elle, venant du Jura ou de Paris.
La douleur devient de plus en plus présente et le seul remède efficace, c'est la morphine. Les séjours a l'hôpital sont de plus en plus fréquents, et comme me disait Gisèle avec son ironie habituelle: c'est ma deuxième maison !!
Un jour, alors que j'effectuais les taches ménagères en l'occurrence je lavais le sol du salon, je la surpris sur son canapé entrain de pleurer et elle me regarda et me dit, avec une énorme tristesse dans la voix:
- je ne peux plus rien faire, tu dois t'occuper de tout !!
Je lui répondis:
- Mais chérie, quand c'est moi qui fut malade tu m'as soigné, tu as tout fait également et sûrement plus que moi, alors ne soit pas triste, et ne pense qu'a une chose, te reposer, te soigner, je t'aime tant.
Un peu plus d'un an auparavant, j'ai été victime d'un AVC qui me laissa plus de huit mois inactif et j'ai souvent du remord de m'en être sortis, pourquoi pas elle? Pendant cette longue période d'inactivité forcée, Gisèle a été extraordinaire (le mot est faible) elle s'est occupé de tout, de moi, de notre entreprise, sans jamais faillir, sans jamais se plaindre et avec cette vigueur qui la caractérisai.
Gisèle dort de plus en plus et mange de moins en moins, avec l'accord de son médecin, je suis obligé d'augmenter les doses de morphine et fin août 2005, la douleur elle aussi progresse mais je dois la deviner car jamais elle n'en parle et ne se plaint, dans son soucis de préserver sa famille.
Fin août, Gisèle m'appelle et tel un enfant qui constate une bêtise me dit:
chérie, regarde, elle me montre son drain dans ses mains et son abdomen qui saignait, mon tuyau il s'est enlevé tout seul.
Alors, retour d'urgence a l'hôpital pour une nouvelle opération dans le but d'essayer de repositionner un nouveau drain, opération de plus en plus délicate dans son execution. Le chirurgien me concède qu'il a de plus en plus de mal a effectuer ce geste chirurgical  et Thomas C. m'indique que ce praticien doit faire des prouesses médicales.
Comme à l'accoutumer, Gisèle demande une anesthésie locale, son courage devient légendaire. 
Début septembre, lorsque je la sors de l'hôpital en permission pour le week end, je compris que ce serait son dernier séjour. Elle était amaigrie et son corps n'accepte plus aucune nourriture. Son médecin me communique que le dernier scanner "c'est une catastrophe". La maladie a progressée et ne pourra plus guère progresser car elle est à son apogée. Quand ses infirmières me disent " a dimanche soir", je regarde discrètement le médecin et il compris très vite que je ne la ramènerai plus. Je lui avait expliqué que Gisèle aurait son dernier soupir dans sa maison, près de moi, et je venais de comprendre que se moment était tout proche. Cela faisait 15 mois que nous luttions pour elle, avec elle,15 mois qu'elle se battait contre un adversaire qui ne connaît que rarement la défaite et elle avait le droit de s'endormir près de ceux qu'elle aimait.   


 

Un jour, elle me demande de lui faire un de ses plats favoris, des gambasses au pastis. Elle me dit comment les préparer car je ne suis qu'un piètre cuisinier, et pendant que je lui concocte, elle me regarde avec un sourire ironique devant ma maladresse et le soin que j'apporte a suivre ses consignes à la lettre, mais surtout avec un regard d'une infinie tendresse que peu d'amants ne peuvent connaître, mais mêlé également d'une grande tristesse.
Elle déguste ce repas en se grisant de l'odeur si agréable des gambasses grillées, et subitement je dois la porter jusqu'a la salle de bain pour qu'elle vomisse. Elle le savait pertinemment mais elle voulue s'offrir un dernier plaisir gustatif. Elle était un tel "cordon bleu", sa cuisine m'enchantait et me surprenait chaque jour et nous nous étions tellement "régalés" dans les grands restaurants que sont Troisgros, Bocuse, La diligence, Alexandre, la table et la bonne chaire était un de nos grands plaisirs.
Mardi 12 juin 2007

ajouter un commentaire par Ph.T

Le-chignon-copie-2.JPG 


Une nuit de septembre 2005, tu as lâchée ma main, ta poitrine ne bougeait plus, ton cœur a cessé de battre.
J'ai compris que tu ne te réveillerais plus, plus jamais, mais depuis tous ce temps je ne l'ai toujours pas accepté et je crois que je ne l'accepterais jamais.
Gisèle me voila à présent seul, tel un arbre en hivers sans ses feuilles, comme le sable du désert qui ne reçoit jamais la pluie.
A présent mon cœur tu bats on ne sait pourquoi, on ne sait pour qui, et quand mes yeux ne sont que par trop humides c'est sur une dalle de béton qui te recouvre que j'épanche mon mal être, près de ces roses qui n'ont plus de parfum, car qui mieux que toi les parfumaient, ce vent qui me glace car ton corps n'est plus la pour me faire comprendre que la braise n'est pas que dans le foyer d'une cheminée, ce soleil que je ne voie plus car tes yeux ne sont plus la pour le refléter.
Tel un fou, je parle aux rideaux, aux plantes, au canapé, tous ils se souviennent de toi. Le ciel, j'ai beau y planter mon regard, le scruter dans son infinie profondeur, il ne m'inspire pas, l'illusion n'est pas mienne, je ne t' aperçois pas, je ne t'entends pas.
Mon cœur saigne a présent, mais c'est ton refuge, c'est la que tu sommeilles a jamais.
La nuit, tu reviens sans cesse, tu me souris, tu m'appelles, je t'entends, je te vois, mais ne puis te toucher, te caresser, t'embrasser.
Comme j'aimerais ne pas me réveiller et  rester près de toi. 
Vendredi 15 juin 2007

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Chapitre 5




La nuit, je ne dort pratiquement plus, allonger près d'elle je l'écoute respirer, je caresse et j'embrasse son corps meurtri mais a la peau toujours aussi douce, plus douce que le plus précieux des satins, ce corps qui a porté nos trois enfants si beaux, si forts, si aimants, ce corps qui ne m'a jamais laissé sage.
D'ailleurs, depuis que tu n'es plus la, il y a toujours un oreiller dans notre lit, car toi seule dormait avec et dans mes moments de profonde détresse, je le regarde et je me dit qu'il sera la si jamais tu revenais. Le chagrin rend fou, mais je crois que c'est avec ma folie que je peux te vivre toujours. Aragon n'écrivait il pas "aimer a perdre la raison". 

 
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 Un dimanche comme elle n'a plus la force de m'accompagner, elle refuse que je me prive, à cause  d'elle d'un de nos grand plaisir, voir jouer notre fils et elle m'implore d'aller au stade de rugby, . 
Je l'appelle toutes les dix minutes pour l'informer, mais surtout pour m'enquérir que tout va bien, je n'aime pas la laisser seule. A la fin du match sur le chemin du retour, je l'appelle pour lui dire que notre fils a été très bon elle me répond, étonnée de mes propos: "pourquoi tu me dit cela je sais bien qu'il est bon mon fils". Elle est tellement fière et admirative de David, son fils.
Avant qu'elle ne tombe malade c'était une de nos grandes joies que de le voir jouer, d'organiser nos dimanches autour de cet évènement. D'ailleurs, lors d'un match, un ¼ de finale de championnat de France, il fit un exploit, un drop goal de 50 mètres (les puristes comprendrons) a la dernière minute du match qui fait se lever le public et qui permet a son équipe de gagner in extremis. Après avoir marqué il tend un poing rageur vers nous, à sa mère, comme si il lui offre ce match, elle est fière et émue et ses yeux brillent de mille feux.
Excusez moi si parfois, quand j'évoque tous  ses souvenirs, je mele le passé et le présent, mais je la vis tellement que souvent je n'arrive pas à faire la part des choses, j'ai l'impression qu'elle me regarde, qu'elle est a coté de moi., coucou chérie, je t'aime.
 
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Plus de 14 mois se sont passés, Gisèle passe du lit au canapé puis au lit, elle parle très peu et les quelques paroles qu'elle bredouille deviennent parfois inintelligibles, elle ne mange plus car elle ne peut plus. Elle s'affaiblit et je me sent totalement impuissant, la médecine également. Elle dort de plus en plus et je dois encore augmenter les doses de morphine. Quand je lui change cette poche en plastic, ce n'est plus de la bile mais un liquide plus épais et verdâtre. Je la porte plus que ne la soutien, je lui fait sa toilette, et la couche comme nous couchions nos enfants. Je ne pleure pas, je n'ai plus de larmes et je sais que cela lui ferai tellement de peine de me voir désespérer.
Certain m'ont dit que j'étais fort, ils se trompent, mon amour pour elle me dictait mon attitude, et puis pour "craquer", je me cachai en dehors de notre maison, ma peine ne regardais que moi et j'ai horreur de me donner en spectacle.
Le médecin passe la voir tous les matins lui dire bonjour, plus par amitié que part besoin médical. Quand plus tard je l'ai remercié pour tous ce qu'il a fait pour elle, il m'a répondu: "Gisèle était tellement attachante". Merci Franck, je vous en serais éternellement reconnaissant. Il décide de la mettre sous perfusion car elle se déshydrate. Il me fait signe de le suivre à l'extérieur pour m'annoncer discrètement que la fin est très proche. 
Sa maman, une de ces sœurs et nos enfants se sont installés à la maison pour rester jusqu'à la fin près d'elle.
 
Mardi 19 juin 2007

ajouter un commentaire par Ph.T
Chapitre 6

Je suis un de ces enfants d'après guerre, qui avait trouvé le moyen de fuir une ambiance familiale faites de disputes et de violences et de trouver les réponses à mes angoisses dans la rue. Mais bien souvent la loi de la rue n'est pas en adéquation avec celle du législateur.
Un matin de janvier 1967, je n'ai que 18 ans et quelques mois, il fait froid a Lyon, une grande porte d'acier s'ouvre et je retrouve la liberté après avoir purger une longue, une très longue peine d'emprisonnement pour "payer" ma dette envers la société comme disent les gens, soi disant, bien pensant (rassurez vous, je n'ai ni tué ni violé).
Je partis, dans un village du Jura, retrouver ma mère, mon frère et ma sœur, qui avaient fuit Lyon, pendant mon incarcération, pour échapper à mon père, car mon grand frère, décédé pendant ma detention dans un accident de la route, ne pouvait plus les protéger.
Six mois après, alors que mes vieux démons, qui m'auraient probablement ramenés en prison, me faisaient les yeux doux, mon existence fut bouleversée, j'ai rencontré Gisèle, une jeune fille qui, du haut de ses 16 ans ½ , m'a illuminé, m'a envoûté, et je peux vous dire que "le coup de foudre", ça existe. 
Ce jour la, j'ai compris qu'une nouvelle vie m'attendait, que mon destin était en marche, que Gisèle serait mon seul horizon et ma raison d'être.. J'ai toujours aimé les poètes et la poésie et je compris pourquoi L.Aragon a écrit: "
la femme est l'avenir de l'homme " 
Quand, quelques jours apres notre rencontre, je lui dit que mon plus grand désir était qu'elle me donne un enfant rapidement, la mort récente de mon grand frere  y etait pour beaucoup, elle me répondit instinctivement: moi aussi je veux un enfant de toi.

 

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Certain seront peut etre choqués par de telles révélations a mon sujet, peut m'importe, mais Gisèle m'a prit tel que j'étais, je ne lui ai jamais rien caché, et elle a fait l'homme que je suis.

Un peu plus d'un an après notre rencontre je fus interpellé par la police, a la frontière belge, car soupconné de certains délits. Mon passé ne plaidant pas en ma faveur, apres la garde a vue, je fus présenté a un juge d'instruction qui décida, a contre coeur, de me relacher et de me disculper car j'étais étranger a ces méfaits. 
Il dit a Gisèle, d'un air médisant: 
savez vous qui est votre mari? connaissez vous son passé ? 
Et Gisèle lui répondit avec un sourire narquois:
Bien sur,
mais pour moi son passé c'est de l'histoire ancienne et son avenir c'est moi et sa fille, alors, de grace, oublié le !

Et c'est cette femme merveilleuse que la maladie m'a enlevé!! Je suis a present orphelin de la vie, mais Gisele, tu es et tu seras toujours présente dans mon coeur, dans mon esprit, et si  je suis, depuis, insommiaque c'est que le noir me permet de mieux te retrouver, la nuit est notre complice.
 

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