Chapitre 11
Une partie de moi est parti avec Gisèle et cela, jamais ne reviendra. J'ai beaucoup de mal à survivre à faire face, je reste solitaire, je m'isole du
monde des vivants et si je n'avais mes enfants, je ne sais ce que je serai devenu, enfin si ……… je sais.
Depuis bientôt deux ans je suis dans ma bulle, Gisèle y est présente, je pense que j'ai basculé dans une certaine folie et je suis bien car c'est ma
réalité a moi. Je peux pleurer quand j'en ai envie, lui parlé quand je veux, sans déranger quiconque. Tous ce que je fais ou j'entreprends est toujours référence a elle.
Je ne sais pas cuisiner, exactement je n'en ai pas envie, et quand je galère devant ma gazinière, je détourne la tête de ma casserole, regarde ce
canapé ou Gisèle a passé tant de temps quand son corps était si fatigué, elle est toujours la et je lui dit:
arrête de rigoler, je m'en voit comme c'est pas possible et c'est tellement quelconque ce que je cuisine. Guérie vite, c'est si bon ce que tu nous concoctes pour nos
repas.
Je lui parles toujours au présent, c'est bien qu'elle est encore la, mais que c'est triste de manger seul, tous les jours, devant une chaise vide …..
Quand mon petit chien, mon seul ami, fait une bêtise, un petit pipi au salon, je lui dis:
si Gisèle était réveillée elle le gronderai.
Pourquoi ce chien est mon seul ami ? Dans ma situation, j'ai envie de parler de mon bonheur passé, de Gisèle, encore et encore, et il m'écoute en
silence, ne prononce pas ses formules toutes faites de soi disant réconfort, que beaucoup de gens prononce sûrement avec sincérité, mais qui m'agace et m'emm…… César m'écoute, me regarde et
de temps a autres dodeline sa petite tête, comme si il comprenait que je suis immensément malheureux.
J'ai appris, à mes dépends, que le terme "amis", beaucoup de gens le prononce fréquemment mais en ignore complètement
le sens. Ils doivent être frileux des mains (et surtout du cœur), car leurs mains elles sont dans leurs poches, au chaud, et c'est sûrement pour cette raison que jamais ils ne vous la
tende. Des "tu passes quand tu veux", ça vous l'entendez souvent, très souvent, c'est l'expression qu'ils emploient le plus volontiers pour s'affranchir en feignant d'ignorer qu'il m'est
très dur de me déplacer depuis ma deuxième attaque cérébrale, et que surtout, inconsciemment mais inexorablement, comme tous les gens qui souffrent du départ de la personne aimée vous vous
isolé.
Je ne blâme personne, à chacun ses valeurs de vie, mais heureusement, il est quelques rares personnes dont l'amitié
est précieuse et réelle.
Certain croient en un dieu, donne a leur enfant une éducation religieuse ou la bonté et l'aide a son prochain sont les fondements de base de leur croyance que leur enseigne
leur maître spirituel, mais ils bafouent ses principes avec allégresse.
Je suis athée, comme l'était Gisèle, je croie en l'homme et je tendrais toujours la main même si, à présent elle
est bien faible, a ceux qui en ont besoin et sans attendre que cela soit payé de retour, donner est plus jouissif que recevoir et mon unique dieu, c'est l'amour.
Qu'importe, je suis dans mon monde avec mon unique compagne, la solitude.
Je pense beaucoup a mes, à nos enfants, et je culpabilise par le fait que je n'ai pas su garder leur mère en vie, ce dont je ne me pardonnerais jamais, quoiqu'ils disent,
quoiqu'ils fassent.
Je sais qu'ils m'aiment beaucoup et que j'ai la lourde tache et le devoir d'être deux, pour eux et leurs enfants.
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